Journal de bord de résidence

Au cours des dix semaines qu’il a passées à Montauban, Antonin Crenn a exploré le Pôle Mémoire (y compris virtuellement), mais aussi rencontré le public et animé des ateliers d’écriture, en ligne puis avec les habitants des quartiers prioritaires de la Ville et des élèves de l’École Jules Guesde.

Tantôt acteur du projet, tantôt observateur,  Mathieu Hornain, designer sonore et vidéaste, a accompagné l’auteur lors des rencontres et ateliers. Le film qu’il nous propose aujourd’hui déroule la belle histoire de cette résidence.

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"La boite du temps" textes sonores

Voici en ligne le travail de lecture à voix haute de La boîte du temps.
Accompagnés par le comédienne Nathalie Vidal, les élèves de CM2 de Mme Christelle Marty de l’école Jules-Guesde de Montauban ont lu leurs propres textes écrits lors des ateliers menés par Antonin Crenn.

Après avoir effectué l’enregistrement, l’artiste Mathieu Hornain nous propose ici le design sonore de cette œuvre complète ! Vous pouvez entendre les voix de Alaa Eddine, Ambre, Axel, Camille, Clémence, Clotilde, Demba, Elrick, Enzo, Esteban, Garance, Hugo, Ilann, Lilly, Noah, Nouhayla, Thomas et Yliann. Un grand bravo à eux !

Écouter La boîte du temps

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avec Antonin Crenn et les artistes associés au projet « Tisser la mémoire, une histoire sans fin ».
Au cours des dix semaines qu’il a passées à Montauban, Antonin Crenn a exploré le Pôle Mémoire (y compris virtuellement), mais aussi rencontré le public et animé des ateliers d’écriture avec les habitants des quartiers prioritaires de la Ville et des élèves de l’École Jules Guesde.

Lors de cette clôture, il partagera avec le public le texte original qu’il a écrit au cours de son séjour, et l’on découvrira également, sous forme sonores et vidéo,les créations collectives issues des différents ateliers.

Samedi 19 septembre à 20 h 30 au Pôle Mémoire
Réservation auprès du Pôle Mémoire – 05 63 66 03 11 – archives@ville-montauban.fr

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Un week-end, en été, temps idéal pour un bon repas entre amis et famille, une balade avec ce beau soleil qui brille, un ciel bleu intense comme la couleur de la mer Méditerranée ; au-dessus de notre tête, une chaleur, lourde mais pas trop, il y a un peu de vent qui nous caresse le visage, cheveux bras jambes, et transperce nos vêtement pour se frotter au corps, ce vent légèrement frais ; on mange, rigole, fait des blagues entre famille et amis, on se pose un peu, on range un peu les couverts, et un ami nous demande : « ce village tout en pierre, il n’est pas loin en voiture ? » ; on dit non ; du coup, il nous dit : « ben on y va » ; alors tout le monde se lève, on prend la voiture et on part en direction de ce village, une route de montagne en forme de lacet, des arbres gros grands avec des grandes branches, des feuilles vertes qui bougent, le paysage est beau, une falaise de couleur écrue, quelques fleurs qu’on voit de temps en temps, puis un trou dans la falaise on passe dedans, et oh, ding, il y a une lumière dans le tunnel, on sort du tunnel et arrive sur le parking, et on se gare ; on descend de la voiture, on va sur le sentier et on commence à marcher les uns derrière les autres, et là je ressens le parfum des fleurs qui titille mes narines et un déjà-vu en avançant, je vois des chevaliers avec leurs montures grandes, marrons, et une belle crinière ondulée, qui marchent ; en me croisant ils me disent « bonjour » et je continue pour arriver ; quand je vois quelques maisons de couleur écrue et plus sombres, comme la falaise avec l’ombre qui pose comme une voile sur le village, je vois une église et je rentre, il y a une odeur qui m’interpelle, entre moisi et fraîcheur, je vois des marches en bois et je monte, et en haut : deux fauteuils tout en bois, un grand et un moyen, et un balcon d’où on voit l’autel de l’église et je fais une révérence, on me demande pourquoi je fais ça et je dis : « il y a le roi et la reine. » Puis je descends des escaliers et je me dirige vers l’autel de l’église et je me mets à la droite, et je reste un moment ; les amis me demandent pourquoi je me mets là et je réponds que « c’est là ma place », et à ma gauche, je vois d’autres gens habillés avec une capuche comme les moines, je les vois comme des amis, je reste deux à trois minutes, puis on continue a visiter le village, et on voit un homme qui vient vers nous et qui demande si on sait où vivait le dernier habitant de ce village ; moi je vais vers une maison où il y a un escalier en pierre et un trou dans le mur, et devant les escaliers je dis que c’est là ; et il est étonné, car j’avais juste ; puis je me mets dans le trou et je ressens une vague de chaleur qui émerge au plus profond de moi, et en même temps j’entends une voix, qui me parle et je me sens bien et je pleure, je ne sais pas pourquoi, mais tous les sentiments différents « joie douleur mélancolie tristesse haine paix » ; j’ai les yeux fermés, l’ermite me parle avec une voie apaisée ; à un moment ma mère me dit qu’on repart, et je lui dis que je suis coincé, et les amis viennent et commencent à dire que c’est impossible : « il est réellement coincé » ; et ils sont trois à m’aider à sortir de ce trou, et je vois que je suis à quelques mètres du trou, je retrouve mon esprit, la respiration et mes idées, et on part ; et d’abord je me retourne et je lui fait un dernier signe, et je lui promet que je reviendrai le voir ; ce souvenir va rester gravé dans mes mémoires à jamais.

Patrice Neigraud

Texte écrit dans le cadre de l’atelier « Lorsque j’entrepris de me souvenir », le 26 juin au Pôle Mémoire de Montauban (82), pendant lequel nous avons vu quelques minutes du film Les lieux d’une fugue de Georges Perec… et parlé de nous.

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Je suis assis là durant cet atelier d’écriture, devant une feuille blanche et un crayon à la main. Je voudrais décrire le souvenir que j’ai en tête sur la seule base de ma mémoire.

Je ferme les yeux.

Je me souviens de la fête des mères d’il y a quelques semaines. Je ne me souviens plus de la date précise. Je ré-ouvre les yeux et je triche en regardant la date d’une photo que j’ai prise durant cet événement sur mon téléphone. C’était le 7 juin 2020.

Je referme les yeux.

J’ai fais une promenade en nature avec ma mère pour cette fête des mères. C’était un endroit près de Saint-Antonin et de Penne. Il faisait chaud. Le parcours de la promenade n’était pas balisé. Il y avait un lavoir au début. Je me suis approché et j’ai vu une masse sombre dans l’eau. Ma mère s’est approchée davantage. Elle m’a dit que c’était un oiseau mort. Qu’il avait probablement voulu boire, mais était tombé dans l’eau sans pouvoir en sortir.

Nous avons continué notre chemin. Ma mère à attiré mon attention sur un arbre aux branches mortes qui se distinguait des autres arbres feuillus.

Plus loin on pouvait s’écarter du chemin principal pour prendre un semblant de chemin rocailleux. Voir d’autres promeneurs le prendre nous a donné envie de les imiter. Nous avons avancé sur plusieurs dizaines de mètres avant de faire une pause pour manger. Nous pouvions observer certains promeneurs se demander s’ils allait poursuivre sur cette voie. Quelques uns ont fait demi-tour, d’autres ont continué. Avec ma mère nous nous demandions aussi ce que nous allions faire.

À la fin de notre pause nous avons poursuivi sur ce chemin. Il fallait escalader les rochers sur une petite hauteur et parfois sauter plus bas en sachant qu’il ne serait pas évident de remonter lors du retour. Nous avons hésité à certains moments mais on a continué. Le bout du chemin menait vers du vide. Nous l’avions vu dès le départ depuis un point plus haut avant même de nous y être engagés. Désormais à quelques mètres de la fin, j’avais envie d’aller jusqu’au bout pour voir à quoi ressemblait la vue.

Ma mère s’est arrêtée quelques mètres avant la fin, elle m’a dit qu’elle avait peur d’être confronté au vide. Je suis allé jusqu’au bout. De là où elle était, elle ne pouvait plus me voir, un rocher bloquant son champ de vision. J’ai trouvé que l’endroit n’était pas si effrayant que ce qu’elle craignait, car il y avait des bordures naturelles de rochers qui empêchaient d’accéder directement au vide. Il y avait aussi sur un de ces rochers un mousqueton et des rivets accrochés à la roche. Des gens étaient probablement habitués à faire de l’escalade ou de la descente en rappel à cette endroit. Ensuite nous avons fait demi-tour et rejoint le chemin standard, qui déambulait à travers la forêt et en plein air.

Ensuite nous avons fait demi-tour et rejoint le chemin standard, qui déambulait à travers la forêt et en plein air.

Je me suis dit que c’était un très bon moment passé avec ma mère. Que j’avais envie de vivre un moment similaire avec mon père. Que j’avais envie de me réconcilier avec lui. Je ne l’ai ni vu, ni lui ait adressé la parole depuis plus de trois ans.

La fête des pères est dans quelques jours.

Je ré-ouvre les yeux.

Nous sommes le 26 juin 2020
Je ne l’ai pas fait.
Le moment est passé. Je le ferai peut-être l’année prochaine, ou peut-être pas.
Quoiqu’il en soit je sais que la vie n’est pas éternelle. Celle de mes proches, la mienne, et tout ce qui vit sur terre.
Le temps est compté. La limite ultime pour accomplir ce que l’on désire c’est la mort.

Nous sommes maintenant le samedi 27 juin au soir.

Je finis de taper ce texte sur ordinateur pour pouvoir l’envoyer par mail à Antonin Crenn qui a organisé cet atelier d’écriture.
Je me rends compte après avoir reparlé à ma mère entre temps que mon récit est très approximatif. J’ai fusionné des lieux qui étaient sur des portions très différentes. Certains éléments ne sont pas dans le bon ordre. La tournure de certaines phrase est bancale, il y a probalement des fautes de frappe, d’ortographe et de grammaire C’est le chaos. Ma mémoire, la mémiore humaine n’est pas farpaite. Elle est fragil. Pourtant, de même que notre arbre génélogique, c’est elle qui défnit notre identité.

Tisser la miméoire d’un individidu d’un peple d’un pays d’une siviliisation de l’humanité toute entiair est une histoir sans finnn. Sa corrruption, son dé-tricotage par l’aiguille du temps qui passe est tout aussssi éternellllllll1ll……….euuuh………

Joseph Cavaillé

 

Texte écrit dans le cadre de l’atelier « Lorsque j’entrepris de me souvenir », le 26 juin au Pôle Mémoire de Montauban (82), pendant lequel nous avons vu quelques minutes du film Les lieux d’une fugue de Georges Perec… et parlé de nous.

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Alors qu’il était encore au lycée Bourdelle avec ses copains, un jeune lycéen âgé de dix-sept ans faisait de l’EPS (cours d’éducation sportive) avec un groupe d’élèves qui faisaient, entre autres, du travail et des études dans la restauration et la cuisine, dans le bâtiment A de couleur rouge du lycée Bourdelle, et avec lesquels il s’était lié d’amitié. Même si au début de 2015, il était très méfiant : peu confiance en lui et vraiment stressé.

Ses camarades de cette classe étaient assez cools et sympas, quoique certains d’entre eux faisaient des blagues, voire des conneries en classe, ce qui bien sûr l’avait bien fait rire. L’un d’eux, qui était assis devant lui alors qu’il se concentrait à corps perdu sur ses exercices d’anglais, ce camarade s’était mis à lui faire des grimaces. Le garçon, lui, il a fini par rigoler, se déconcentrer et se déstresser suite aux grimaces de son copain de classe.

En cours de sport à la Fobio (Montauban), il a fait énormément de sport : de la course d’endurance à trois fois 500 mètres, du foot, du basket, du badminton. Il s’était très bien entendu avec ses copains. Le jeune sportif a toujours aimé les sports collectifs.

Quand, mardi dernier, étant allé au skate park en face du lycée Bourdelle, ses souvenirs du lycée ont refait surface. Émotionnellement, JE me suis souvenu de ces moments passés, notamment avec mes potes d’APR (agent polyvalent de restauration), quand JE faisais du sport avec eux au stade de la Fobio. C’était le bon vieux temps.

Lucas Valette

Texte écrit dans le cadre de l’atelier « Lorsque j’entrepris de me souvenir », le 26 juin au Pôle Mémoire de Montauban (82), pendant lequel nous avons vu quelques minutes du film Les lieux d’une fugue de Georges Perec… et parlé de nous.

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