Memento Mori

Je suis assis là durant cet atelier d’écriture, devant une feuille blanche et un crayon à la main. Je voudrais décrire le souvenir que j’ai en tête sur la seule base de ma mémoire.

Je ferme les yeux.

Je me souviens de la fête des mères d’il y a quelques semaines. Je ne me souviens plus de la date précise. Je ré-ouvre les yeux et je triche en regardant la date d’une photo que j’ai prise durant cet événement sur mon téléphone. C’était le 7 juin 2020.

Je referme les yeux.

J’ai fais une promenade en nature avec ma mère pour cette fête des mères. C’était un endroit près de Saint-Antonin et de Penne. Il faisait chaud. Le parcours de la promenade n’était pas balisé. Il y avait un lavoir au début. Je me suis approché et j’ai vu une masse sombre dans l’eau. Ma mère s’est approchée davantage. Elle m’a dit que c’était un oiseau mort. Qu’il avait probablement voulu boire, mais était tombé dans l’eau sans pouvoir en sortir.

Nous avons continué notre chemin. Ma mère à attiré mon attention sur un arbre aux branches mortes qui se distinguait des autres arbres feuillus.

Plus loin on pouvait s’écarter du chemin principal pour prendre un semblant de chemin rocailleux. Voir d’autres promeneurs le prendre nous a donné envie de les imiter. Nous avons avancé sur plusieurs dizaines de mètres avant de faire une pause pour manger. Nous pouvions observer certains promeneurs se demander s’ils allait poursuivre sur cette voie. Quelques uns ont fait demi-tour, d’autres ont continué. Avec ma mère nous nous demandions aussi ce que nous allions faire.

À la fin de notre pause nous avons poursuivi sur ce chemin. Il fallait escalader les rochers sur une petite hauteur et parfois sauter plus bas en sachant qu’il ne serait pas évident de remonter lors du retour. Nous avons hésité à certains moments mais on a continué. Le bout du chemin menait vers du vide. Nous l’avions vu dès le départ depuis un point plus haut avant même de nous y être engagés. Désormais à quelques mètres de la fin, j’avais envie d’aller jusqu’au bout pour voir à quoi ressemblait la vue.

Ma mère s’est arrêtée quelques mètres avant la fin, elle m’a dit qu’elle avait peur d’être confronté au vide. Je suis allé jusqu’au bout. De là où elle était, elle ne pouvait plus me voir, un rocher bloquant son champ de vision. J’ai trouvé que l’endroit n’était pas si effrayant que ce qu’elle craignait, car il y avait des bordures naturelles de rochers qui empêchaient d’accéder directement au vide. Il y avait aussi sur un de ces rochers un mousqueton et des rivets accrochés à la roche. Des gens étaient probablement habitués à faire de l’escalade ou de la descente en rappel à cette endroit. Ensuite nous avons fait demi-tour et rejoint le chemin standard, qui déambulait à travers la forêt et en plein air.

Ensuite nous avons fait demi-tour et rejoint le chemin standard, qui déambulait à travers la forêt et en plein air.

Je me suis dit que c’était un très bon moment passé avec ma mère. Que j’avais envie de vivre un moment similaire avec mon père. Que j’avais envie de me réconcilier avec lui. Je ne l’ai ni vu, ni lui ait adressé la parole depuis plus de trois ans.

La fête des pères est dans quelques jours.

Je ré-ouvre les yeux.

Nous sommes le 26 juin 2020
Je ne l’ai pas fait.
Le moment est passé. Je le ferai peut-être l’année prochaine, ou peut-être pas.
Quoiqu’il en soit je sais que la vie n’est pas éternelle. Celle de mes proches, la mienne, et tout ce qui vit sur terre.
Le temps est compté. La limite ultime pour accomplir ce que l’on désire c’est la mort.

Nous sommes maintenant le samedi 27 juin au soir.

Je finis de taper ce texte sur ordinateur pour pouvoir l’envoyer par mail à Antonin Crenn qui a organisé cet atelier d’écriture.
Je me rends compte après avoir reparlé à ma mère entre temps que mon récit est très approximatif. J’ai fusionné des lieux qui étaient sur des portions très différentes. Certains éléments ne sont pas dans le bon ordre. La tournure de certaines phrase est bancale, il y a probalement des fautes de frappe, d’ortographe et de grammaire C’est le chaos. Ma mémoire, la mémiore humaine n’est pas farpaite. Elle est fragil. Pourtant, de même que notre arbre génélogique, c’est elle qui défnit notre identité.

Tisser la miméoire d’un individidu d’un peple d’un pays d’une siviliisation de l’humanité toute entiair est une histoir sans finnn. Sa corrruption, son dé-tricotage par l’aiguille du temps qui passe est tout aussssi éternellllllll1ll……….euuuh………

Joseph Cavaillé

 

Texte écrit dans le cadre de l’atelier « Lorsque j’entrepris de me souvenir », le 26 juin au Pôle Mémoire de Montauban (82), pendant lequel nous avons vu quelques minutes du film Les lieux d’une fugue de Georges Perec… et parlé de nous.

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