Mon grand-père et sa musique silencieuse

Elle se souvient du mot « mandoline » pour décrire le magasin car son grand-père lui avait dit : « on va à la mandoline » ou peut-être : « on va voir la mandoline ».
Elle se dirigea avec lui en face du carrousel et ils traversèrent la route. Elle pensait en marchant qu’ils se dirigeaient vers un parking, car c’était un établissement en sous-sol.

À l’intérieur étaient exposés des objets d’antiquité.
Elle ressentait l’ambiance à la fois chaude et froide : chaude par la température ambiante, froide par l’allure des objets qui ne signifiaient pas grand chose pour la petite fille de cinq ans.
C’étaient des objets anciens, qu’elle n’avait auparavant jamais vus. Elle perdait de vue parfois son grand-père entre les différents rayons et une angoisse montait alors en elle.

Elle était notamment en observation devant les objets en porcelaine, tandis que lui était fasciné par les instruments de musique.

Elle trouvait l’ambiance environnante de plus en plus froide en ressentant la mort des époques auxquelles ces objets devaient appartenir.

Après de longues minutes passées à l’intérieur, je languissais d’en sortir pour retrouver la fraîcheur de la ville vivante d’Aix-en-Provence car cela devenait étouffant de respirer l’odeur des objets du passé.

Virginie Davityan

Texte écrit dans le cadre de l’atelier « Lorsque j’entrepris de me souvenir », le 26 juin au Pôle Mémoire, pendant lequel nous avons vu quelques minutes du film Les lieux d’une fugue de Georges Perec… et parlé de nous.

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