Journal de bord de résidence

par Chanchan

 

Voilà plus de soixante-dix ans qu’auraient été créés les jardins ouvriers de la rue Issanchou. Cent vingt lopins de terre nourricière sur près de quatre hectares que la commune de Montauban louerait pour une modeste somme aux familles les plus défavorisées depuis les années mille neuf cent quarante. Ces jardins seraient des oasis de verdure et de fleurs avec des cabanons, les gens y cultiveraient toutes sortes de légumes, y planteraient des fleurs, des plantes aromatiques et récolteraient multitude de fruits pour se nourrir. Ce serait un endroit qui fleurerait bon la campagne et où l’on valoriserait aussi la solidarité et tous les rites conviviaux en milieu urbain agrémenté par le chant des oiseaux et les bonnes odeurs de cuisine et de grillades. Les générations s’y réuniraient en toute occasion, pour les apéros, les repas, afin de déguster les produits issus de leur jardin pendant que les enfants joueraient. Les gens s’entraideraient, échangeraient, riraient et profiteraient de ce milieu paisible aux milles senteurs tout en respectant Dame nature. Chacun goûterait l’instant présent et serait heureux…

Tous les matins, Ferdinand se réveillerait à l’aube, s’habillerait de ses guenilles, ouvrirait la vieille fenêtre de sa cabane faite de bric et de broc plantée sur son lopin de terre, jardinerait, planterait, sèmerait et arroserait ses légumes et fleurs en compagnie des oiseaux, des lapins et chats du quartier. Ferdinand, orphelin de parents décimés par la grippe espagnole dans les années mille neuf cent vingt. Ferdinand toujours rejeté par les autres, Ferdinand le pestiféré que l’on devait éviter et isoler à tout prix pour ne pas être contaminé.

Il imaginerait que ses voisins le salueraient, lui souriraient, l’aideraient et qu’il pourrait en faire de même. Mais personne…

Il semblerait qu’il soit décédé dans l’anonymat et dans la solitude la plus totale, enterré au fond de son jardin, mais il paraîtrait qu’à cet endroit-là, tous les jours des oiseaux viendraient se percher sur la croix de bois pour y chanter et qu’une multitude de fleurs s’épanouiraient toute l’année en couronne pour lui rendre hommage.

Aujourd’hui, Noélie la nouvelle locataire de cette parcelle, viendrait certains soirs vers dix-huit heures, après son travail d’infirmière, s’y ressourcer en pleine lutte sur l’épidémie de coronavirus au Centre hospitalier. Elle suivrait les consignes sanitaires gouvernementales et porterait un masque sur son nez et sa bouche, parlerait aux voisins avec une distance d’au moins un mètre cinquante pour éviter la propagation du virus et évoquerait, entre autres, la pandémie de la grippe espagnole qui aurait fait à l’époque beaucoup de morts.

Pas un mot sur l’histoire de Ferdinand, personne ne lui en parlerait. Et c’est certainement à l’endroit où reposerait Ferdinand qu’elle remarquerait que plein d’oiseaux perchés sur la vieille croix de bois vermoulue viendraient chanter à tue-tête avec, au pied de celle-ci, une couronne de fleurs qui écloraient en permanence.

Les jardins familiaux de la rue Issanchou seraient un endroit merveilleux, un lieu de senteurs et couleurs diverses, d’échanges conviviaux et culturels et où sécheraient encore des tricots de peaux imbibés de sueur, au pied des nombreux cabanons érigés sur les parcelles grillagées.

Il ferait bon y vivre et s’y promener et ça j’en suis certaine.

Cette histoire serait-elle vraie ou simplement le fruit de mon imagination… Je ne saurais vous le dire, le coronavirus et le confinement auraient-ils eu raison de mon être, de ma lucidité et des mes facultés intellectuelles en ce mois d’avril deux mille vingt… Possible.

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par Didier Décomps

 

Il y a dans le grand Montauban
Un petit coin du centre que je ne connaissais pas.
J’habitais la ville depuis trois à quatre ans.
J’étais drôlement enthousiasmé par le cœur de la ville,
Il avait fait battre le mien à bonne vitesse.

Les bâtiments culturels et administratifs m’étaient relativement
Familiers ainsi malgré des années de marches.
Une partie de la rue Jules-Michelet m’était restée inconnue
Et quand bien même,
Je passais devant, je n’insistais pas, je faisais demi-tour.
Pour deux raisons, me dis-je : elle me semblait trop étroite et triste.
Mais voulant mettre cela pour des aprioris
Je me décidais à la traverser, mais pas tout de suite.
En effet, à cette époque j’étais en quête d’un appartement,
Et habitué au changement de logement,
J’étais à la recherche d’agence immobilière.
Je décidais de la visiter de l’autre côté.
Une semaine plus tard, j’avançais dans la rue à petit pas, rien ne se passait.
Sauf un magasin que j’avais remarqué : c’était un commerce de photocopie.
Je me sentais intrigué. Comme charmé. Plusieurs émotions me traversaient l’esprit.
Puis un jour, je me souviens qu’il faisait beau et qu’il y avait un peu de vent,
Je revins dans la rue.
Et là, je trouvais cette petite rue formidable et mieux encore :
Il y avait une agence immobilière. Beaucoup plus tard.
J’y suis entré. J’ai aimé les affichettes.
L’espoir est revenu.

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par Émilie Villachon

Nous descendrions la rue de la Résistance, magnifique voie chargée d’histoire à Montauban.

Attention : vous pouvez tout oublier… sauf un objet indispensable pour une Street Mission du samedi. Cet élément serait de taille rectangulaire : 8,5 cm de longueur et 5,5 cm de largeur, de couleur verte ou bleue suivant l’opérateur. Vous devinez : ce serait quoi ?

Maintenant que vous l’avez en poche… « Aux magasins ! »

Dans cette rue, des boutiques et autres surfaces commerçantes bordent la chaussée, à droite comme à gauche. En levant les yeux, on apercevrait des fils électriques et téléphoniques par milliers à vous étourdir. De grands et imposants bâtiments, en briques rouge et blanche nous étoufferaient, mais les palmiers des allées, à l’étroit dans leurs petits bacs, cacheraient cela. Les services de boulangerie, de glaces et de crêpes seraient bel et bien là pour le bonheur de mes babines qui saliveraient, déjà, rien qu’à l’idée de cette glace fraise-vanille promettant d’être délicieuse, attablée sur cette agréable terrasse de la « carte bancaire »… Car c’est éreintant de marcher en ville ; les pieds dans les chaussures en savent quelque chose, autant que la carte bancaire.

Après une pause bien méritée, où nous aurions bien discuté entre filles, nous repartirions pour la suite de l’aventure.

De multiples couleurs se côtoieraient dans les vitrines. Les yeux ne sauraient plus dans quel sens se tourner : « Chez Jennifer ? Chez Peopleshoes ? Chez IKKS ? » Pour le premier casting de ma vie, je me serais prise pour Cristina Cordula chez « Maria Chaussures ». Au fait, j’ai une petite anecdote : je vais vous la raconter, vous êtes prêts ? Alors, c’est parti :

À l’âge de quatre ans, je détestais « Maria Chaussures », car je trouvais les chaussures trop has been. Alors ma mère, épuisée par mes caprices, a acheté une chaussure pour chaque pied et j’ai continué le shopping comme ça ; j’ai été forcée à porter ces chaussures, une couleur rouge au pied gauche, et verte au pied droit !

Le shopping ne serait pas un bon après-midi s’il ne passait pas par la case « coin beauté » chez Yves Rocher, un bon nettoyage de peau, de belles lèvres brillantes pour vous mettre en joie. Reste maintenant à se revêtir d’une bonne veste et pantalon, à la dernière mode.

Mais, au fait, à quoi ça sert tout cela ? Aujourd’hui, je suis du matin au soir habillée en jogging, peignée avec un palmier tout décoiffé… et aucune copine pour refaire le monde du shopping.

Ah ! qu’elle est triste, la rue de la carte bancaire vide.

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par Jeannette Brissieux

 

Cela faisait plusieurs mois que je cherchais une maison à Montauban. Le mouton à cinq pattes à vrai dire :
Au calme, mais… près du centre.
Assez grande, pour accueillir aux vacances enfants et petits enfants, mais… pas trop chère.
Customisable – comment se priver de relooker le nid de ses rêves – mais… sans travaux excessifs.
Et, bien sûr, avec un jardin pour les fleurs et les barbecues, mais… sans trop de gazon à tondre.
Eh bien, cette perle rare, je l’avais trouvée !

Rue Jean-Marie-Mila, en fait une impasse, très calme, à deux pas du centre universitaire, tous les commerces de proximité à moins de dix minutes à pied.

Cerise sur le gâteau, elle était mitoyenne d’une école primaire. Lors d’une de mes visites avec l’agent immobilier, j’avais vu les petits de maternelle, se tenant par la main, se rendre à la cantine, farandole rêveuse, nez au vent, parfois trébuchant, sous la houlette de leurs institutrices. À moi les cris et les rires de la cour de récréation, les sonneries scandant la journée.

Et alors ? Et alors, me direz vous !

J’étais allée, avec une de mes amies, férue d’astrologie et décryptage de signes, voir la merveille. Son « ressenti » n’avait pas été bon.

« Non ! m’avait-elle dit, péremptoire. Je ne t’y vois pas.
– Ah ! »

On commençait tout juste à parler d’un virus qui sévissait en Chine, trois mille sur un milliard et demi d’habitants, rien d’alarmant !

Quelques semaines plus tard, le couperet était tombé : confinement !

Les astres étaient-ils vraiment contre moi ?

Aujourd’hui, empruntant parfois le chien de ma voisine, alibi nécessaire en ces temps troublés, je vais rêver rue Mila. La voie est presque déserte, les nombreuses voitures des étudiants de l’université proche, qui s’y garaient, ont disparu, tous les cours sont suspendus. On voit bien les jardins qui entourent les maisons, leurs murs débordent de clématites blanches et de glycines plus loin, un camélia tardif, les premiers rosiers. Un acacia qui penche au-dessus d’un muret sème sur le sol les pétales parfumés de ses fleurs blanches. La rue embaume.

Quand je ne peux vraiment pas aller flâner rue Mila, j’essaie de raviver mes souvenirs en consultant Google Street View, mais rien de comparable entre mes promenades réelles et ces images virtuelles : vues écrasées, plutôt sinistres, prises en hiver sans doute, pas de fleurs, des arbres dénudés, pas de vie.

Au fond de la rue, pourtant, une silhouette floue tourne vers la placette qui clôt l’impasse. Le fantôme de Jean-Marie Mila, peut-être, qui profite de la solitude du jour pour revenir sur les lieux où se dressait le château familial ?

On m’a dit – ou l’ai-je inventé – qu’il y a un siècle, après les inondations de 1930 qui avaient détruit la ville basse de Montauban, les sœurs Mila, restées célibataires et éplorées – du moins, je l’imagine – après l’hécatombe de la guerre de 1914 qui leur avait volé frère et fiancés, avaient livré la propriété familiale au découpage des lotisseurs qui cherchaient des terrains pour reloger les sinistrés de l’inondation.

Que sont devenues les sœurs Mila ?

En ces temps de confinement, on ne peut même pas aller fouiller les archives de la ville pour savoir si elles ont vraiment existé !

Ma décision est prise : je braverai les Augures, la maison de la rue Mila sera la mienne et, dans le jardin, sous le grand érable, contre le mur de l’école, je mettrai un banc. Les ombres menues et endeuillées des sœurs Mila pourront s’y reposer et trouver la paix de l’âme en écoutant les rires des enfants.

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par L.

 

Ils joueraient à faire un film : un film comme ceux qu’ils aiment si bien regarder. Ils seraient amis. Cherchant les lieux et les scènes à réaliser, ils adopteraient ces fameux bassins comme point final et générique de leur premier chef-d’œuvre. Cet emplacement serait idéal : verdoyant et rond, en brique, bien-sûr, car ils seraient à Montauban… Ils se trouveraient sous le pont des Consuls, dans le vallon de la Mandoune, au bas de ces jardins en balcon, dans cet espace très arboré aussi. En contrebas du centre-ville, comme protégé de son effervescence, ils auraient l’impression que le monde leur appartient. La route qui sillonne juste à côté et le long parking, sinueux lui aussi, ne les gêneraient pas ; ils continueraient à rire et à chanter…

Arrivant sur les lieux, ils croiseraient cette femme, un long plan à la main. Ils découvriraient qu’elle est cheffe de chantier. En effet, le site serait quelque peu clôturé. Mais cela ne les aurait pas empêché d’y accéder. Cette femme viendrait effectuer les vérifications de dernière minute avant le début de la transformation à venir. Il s’agirait d’un projet un peu fou : la projection de films au fond des bassins. Bien sûr, ils se porteraient volontaires pour participer à la sélection des images diffusées. Attention ! Ils ne devraient piocher que dans la filmographie tchèque… Une histoire de mécénat, leur aurait-on dit…

D’ailleurs, une deuxième personne ne tarderait pas à arriver, intriguée par toute l’animation qui règnerait là. Arrière-petite-fille d’un haut personnage tchèque, c’est par elle que le financement aurait pu être obtenu…

Les amis pourraient finalement terminer leur court-métrage. Pour cette dernière scène, tous seraient acteurs, à la différence des autres séquences où les rôles auraient été répartis. Cette fin de journée serait un peu fraîche avec la nuit tombant de bonne heure en ce début d’automne où il fallait se résoudre à la fin de ces belles soirées d’été. De longues heures de visionnage les attendraient : le montage de leur création mais aussi cette fameuse filmographie tchèque…

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par Joëlle Faure

 

La ville s’éveillait. Je traversais la place Nationale en diagonale. D’un regard, je balayais presque toutes ses façades. Défilaient devant mes yeux son beau cadran solaire, sa croix en bois délavée par le temps marquant l’emplacement de l’ancien pilori et, tout là haut, cet appartement aux rideaux blancs qui semblaient être en lambeaux, chose qui m’avait toujours intriguée.

La place était vide, calme. Elle semblait respirer lentement.

Sur le carreau, les pigeons essayaient de glaner, de-ci, de-là, quelques miettes laissées la veille par les clients des restaurants.

Les rayons du soleil n’allaient pas tarder à lécher les belles briques roses.

Une fois parvenue sous les couverts, au coin de la boutique de Maurice le bouquiniste, j’apercevais l’angle de la maison du Crieur, si reconnaissable par la tête sculptée dans la pierre. Perdue dans mes pensées, je posais par mégarde mon pied sur la pierre de la légende de ce lieu. Mais, contrairement à la prédiction, son pouvoir mystérieux ne me fit pas perdre le sens de l’orientation… Il me plongea dans un autre monde.

La boutique de livres anciens avait laissé place à la maison consulaire, les pans de bois avaient remplacé les briques. Les marchands des couverts dressaient leurs étals pour vendre draps, sabots, blé, fruits et une multitude d’autres denrées. Les taverniers rentraient les barriques de vin. L’apothicaire regardait tous ces va-et-vient sur le pas de sa porte, pendant que les enfants couraient à perdre haleine.

Le carreau de la place s’animait. Nous étions le 25 juillet, jour de l’une des quatre foires de l’année qui amenait marchands, paysans venus de toute la région vendre leurs marchandises. D’un pas, ils se rendaient à la maison consulaire pour louer des tables afin de disposer leurs marchandises. Mon regard se retourna sur la croix en bois, le pilori en pierre était à nouveau là, un fabricant malhonnête ou un voleur de grands chemins y était attaché afin de payer sa dette et donner exemple.

En ce qui me concernait, les passants ne semblaient pas surpris par ma présence… Je jetai donc un œil sur ma tenue. À ma stupéfaction, moi aussi j’étais vêtue d’une longue robe grise au tissu épais, d’où dépassaient des sabots. Je posai mes mains sur ma tête : je portais une coiffe. Je me fondais dans le paysage.

Quelle étrange sensation ! être dans le temps passé que j’ai tant et tant imaginé en flânant dans ces rues… Imaginer… à tel point qu’un jour, dans un vieil escalier d’un hôtel particulier, j’en avais entendu les rires étouffés de jeunes filles qui couraient sur le palier du dessus dans leurs belles robes en crinoline.

En quelques pas bruyants, je traversais le couvert des sabotiers pour parvenir à ce que je pensais être la rue Princesse. Celle-ci était devenue étroite, sombre, bordée de demeures en bois et torchis. Peut-être certaines venaient-elles de Montauriol, démontées par leurs propriétaires et rebâties ici.

Maintenant, je me trouvais au pied de l’église Saint-Jacques qui vivait ses premiers temps, neuve, fière avec sa flèche qui l’élançait encore plus haut dans le ciel. Pauvre église, si elle avait su tous les affres qu’elle allait rencontrer à travers les siècles. Je la contournai. Arrivée au square Picquart, je découvris le château comtal, lieu d’exercice du pouvoir militaire et judiciaire. Imposant, il couvrait ce petit parc et les bâtiments adjacents, notamment l’ancienne boutique « Peloffy ».

Sur le parvis de son église, le prévôt, les mains levées au ciel, regardait les femmes aux larges décolletés et murmurait :
« Oh ! Seigneur, regardez, toutes ces fenêtres de l’Enfer, ces femmes vous sont irrespectueuses ».

Ce qui fit dire à l’homme que je croisai avec son épouse :
« Chère amie, combien de fois dois-je vous le dire ? je vous prierai de vous habiller plus sobrement, encore une amende. À deux milles briques chacune, moi seul, j’ai dû fournir la moitié des briques pour bâtir cette église !
– Cher ami, vous exagérez comme à l’accoutumée. Vous savez bien que j’en ai à fifre des codes vestimentaires austères et tristes à mourir édictés par nos consuls. Je m’habillerai comme je l’entends ! »

Je poursuivis ma marche. La rue de la République était devenue rue de la Faurie. J’étais dépassée par des paysans qui apportaient sur leur charrette veaux, agneaux et autres animaux à abattre aux grandes boucheries que je venais d’apercevoir, à l’emplacement où serait érigé plus tard le Temple neuf. J’en déduisis que c’était, devant moi, la future place du Coq, avec la croix en son centre symbolisant la destruction de ce temple. Les personnes qui se pressaient vers la place communale était de plus en plus nombreuses. D’où venaient-elles ? Assurément, elles arrivaient du Pont-Vieux. Notre pont devait être encore plus beau, muni de ses trois tours… De ce fait, je fis demi-tour, descendis la rue des Bonnetiers. Et, arrivée devant la première tour, je fus subjuguée par son élégance. Mais tout à coup, je me demandai combien de temps allait durer ce mirage, cette remontée dans le temps…

« Rue la Faurie, moyen âge… Là se trouvait aussi la boutique des frères Bonis, la caverne d’Ali Baba. Je ne l’avais pas vue ! »

Dès lors, je n’eus qu’une idée en tête : courir… courir, afin d’entrer dans ce lieu magique. Je remontais la rue des bains. Le château épiscopal de notre musée Ingres-Bourdelle était loin de voir le jour, comme notre hôtel de ville. Au détour de la rue de l’Horloge,là, devant moi s’élevait la tour Lhautier, immense et austère. Je la longeai afin de rejoindre la rue la Faurie. J’étais revenue au point où j’avais fait demi-tour. Je jetai mon regard au loin et j’aperçus l’enseigne de la boutique des frères Bonis. J’accélérai le pas. J’avais oublié que j’étais chaussée de sabots, je trébuchais, tombais, me relevais. Repartis.

Enfin, j’arrivai sur le pas de la porte. J’appuyai sur la poignée pour pénétrer dans la boutique. La clochette tinta pour prévenir de mon arrivée… La clochette…

Vraiment, était-ce le tintement de la clochette ? Ou bien la sonnerie de mon réveil ?

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