Rue de la carte bancaire vide

par Émilie Villachon

Nous descendrions la rue de la Résistance, magnifique voie chargée d’histoire à Montauban.

Attention : vous pouvez tout oublier… sauf un objet indispensable pour une Street Mission du samedi. Cet élément serait de taille rectangulaire : 8,5 cm de longueur et 5,5 cm de largeur, de couleur verte ou bleue suivant l’opérateur. Vous devinez : ce serait quoi ?

Maintenant que vous l’avez en poche… « Aux magasins ! »

Dans cette rue, des boutiques et autres surfaces commerçantes bordent la chaussée, à droite comme à gauche. En levant les yeux, on apercevrait des fils électriques et téléphoniques par milliers à vous étourdir. De grands et imposants bâtiments, en briques rouge et blanche nous étoufferaient, mais les palmiers des allées, à l’étroit dans leurs petits bacs, cacheraient cela. Les services de boulangerie, de glaces et de crêpes seraient bel et bien là pour le bonheur de mes babines qui saliveraient, déjà, rien qu’à l’idée de cette glace fraise-vanille promettant d’être délicieuse, attablée sur cette agréable terrasse de la « carte bancaire »… Car c’est éreintant de marcher en ville ; les pieds dans les chaussures en savent quelque chose, autant que la carte bancaire.

Après une pause bien méritée, où nous aurions bien discuté entre filles, nous repartirions pour la suite de l’aventure.

De multiples couleurs se côtoieraient dans les vitrines. Les yeux ne sauraient plus dans quel sens se tourner : « Chez Jennifer ? Chez Peopleshoes ? Chez IKKS ? » Pour le premier casting de ma vie, je me serais prise pour Cristina Cordula chez « Maria Chaussures ». Au fait, j’ai une petite anecdote : je vais vous la raconter, vous êtes prêts ? Alors, c’est parti :

À l’âge de quatre ans, je détestais « Maria Chaussures », car je trouvais les chaussures trop has been. Alors ma mère, épuisée par mes caprices, a acheté une chaussure pour chaque pied et j’ai continué le shopping comme ça ; j’ai été forcée à porter ces chaussures, une couleur rouge au pied gauche, et verte au pied droit !

Le shopping ne serait pas un bon après-midi s’il ne passait pas par la case « coin beauté » chez Yves Rocher, un bon nettoyage de peau, de belles lèvres brillantes pour vous mettre en joie. Reste maintenant à se revêtir d’une bonne veste et pantalon, à la dernière mode.

Mais, au fait, à quoi ça sert tout cela ? Aujourd’hui, je suis du matin au soir habillée en jogging, peignée avec un palmier tout décoiffé… et aucune copine pour refaire le monde du shopping.

Ah ! qu’elle est triste, la rue de la carte bancaire vide.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp
Partager sur email